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Quel avenir pour le plastique?

Face à la pollution de nos sols et de nos mers , des politiques voient le jour depuis quelques décennies.

Au commencement ?

Les premiers sacs plastiques arrivent en 1965 sur le marché mondial. Suivront tous les produits plastiques non réutilisables que nous connaissons : bouteilles,  vaisselle jetable… 322 millions de tonnes de plastique ont été produites en 2015, soit 161 fois plus qu’en 1950. Sur la période 1950 – 2015,  8,3 milliards de tonnes de plastique sont sorties d’usines.

Les sacs plastiques sont l’objet d’une consommation massive et répandue et un million d’entre eux est consommé toutes les minutes dans le monde en 2011 soit 100 milliards par an rien qu’en Europe. Progressivement, sur une initiative du Bangladesh en 2002, des pays se mettent à interdire leur commercialisation et leur vente. Depuis une date récente, la France tente de limiter l’usage des sacs plastiques à usage unique en caisse.

Les bouteilles en plastique peuvent pourtant être remplacées par des bouteilles en verre.

Aujourd’hui, les plastiques régénérés (réutilisables) dans les produits courants de consommation représentent 7% de la consommation européenne, que l’Europe se fixe à tripler d’ici 2025.

 

Et maintenant ?

Dans cette lancée, la Commission européenne propose de restreindre l’utilisation de certains produits plastiques jetables, pour des raisons environnementales et sanitaires. Ces produits sont les assiettes, couverts, bâtonnets de coton-tige, pailles, tiges fixées aux ballons, gobelets et produits contenant des plastiques oxo-dégradables : emballages de fast-food… Ils représentent 70% des déchets marins aujourd’hui, selon le Parlement européen. Leur interdiction devait être établie en 2021, mais la Commission européenne souhaiterait avancer cette mesure.

Au niveau national et européen, des idées émergent.

A l’échelle nationale, un projet de loi a été déposé en juin dernier par le député de la huitième circonscription des Yvelines, M. Michel Vialay, pour une suppression progressive des bouteilles en plastique au profit du développement d’une consigne des bouteilles en verre. S’inspirant du système allemand mis en place dans les années 2000, le fonctionnement par consigne est simple : le consommateur paie une caution à l’achat de la bouteille et de son contenu (variable, entre 8 et 25 centimes en Allemagne par exemple) qu’il récupérera s’il ramène les bouteilles vides. Chez nos voisins, cela s’applique aussi bien sur les bouteilles réutilisables verre ou plastique (bière, jus…) que sur les canettes et bouteilles à usage uniquement en aluminium ou plastique. Le gouvernement s’assure ainsi d’un maximum de recyclage.

 

Enjeux

Pour beaucoup, les produits plastiques ne sont pas recyclés, voire non jetés dans des poubelles et finissent par polluer eaux et sols. On estime, en 2018, que 150 millions de tonnes de déchets sont contenus dans les océans. Dans un monde où le réchauffement climatique pose problème, la pollution intensifie le phénomène. Les plastiques détruisent les milieux naturels, créant des îles de déchets dans les eaux.

  •  Ils mettent en danger des espèces animales. Ces dernières ingurgitent ou se tuent avec les plastiques trouvés dans la nature, au risque de s’étouffer, d’être contaminé, ou de s’asphyxier. L’association Cleanseas chiffre à 99% des oiseaux marins ayant déjà ingéré du plastique en 2050.

Mais ce ne sont pas les seuls. Une étude réalisée sur 8 individus d’origine européenne et asiatique a révélé la présence de 9 types différents de plastique dans leurs selles, notamment en provenance de bouchons ou de bouteilles en plastique. Le plastique ne fait donc plus uniquement partie de notre vie quotidienne, il intègre désormais le corps humain.

  •  Ils ouvrent aussi le débat économique puisque les produits concernés représentent 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire au niveau mondial.
  •  Ils induisent enfin une modification des consommations. Le marché du recyclé devrait donc s’imposer davantage pour pallier le manque de produits non réutilisables et jetables.

Reportage

Un foodtruck éco-responsable en région lilloise

Myriam tient le foodtruck Mimi Galette. Si son commerce se démarque des autre, c’est en partie grâce à son rapport aux déchets. Rencontre.

Myriam, jeune maman et propriétaire d’un foodtruck, installe gaiement les tables et chaises qui permettront à ses clients de déjeuner assis. Au menu : galettes et crêpes, faites maison bien évidemment. Pour tous les goûts et tous les âges, la queue s’allonge très rapidement. Mimi galette circule sur les marchés et dans les festivals mais ne laisse aucune trace derrière elle. La poubelle, explicitement placée devant son foodtruck, est vidée, les couverts récupérés et les canettes ? Elles n’existent pas. Si un jour, il vous arrive de croiser son camion, vous pourrez remarquer qu’elle n’utilise pas de plastique pour servir ses clients. En vaisselle, elle a recours à des assiettes biodégradables et des couverts recyclables. 

En clair, Myriam essaye de réduire au maximum l’usage de cette matière, même si les surs-emballages en cuisine le sont.

Depuis 3 ans, Mimi galette s’engage dans cette démarche petit à petit. Et cela grâce à son fournisseur, Métro qui propose de plus en plus de solutions alternatives à l’utilisation du plastique et amène le professionnel à utiliser des emballages recyclables. Par exemple, ils mettent en valeur les couverts en bois. Cette démarche personnelle s’ancre dans un objectif de préservation de l’environnement : « même si le fait d’utiliser une vaisselle recyclable est plus cher, je préfère faire une économie sur le long terme, et par la suite réduire l’impact du plastique et les déchets, surtout dans le cadre de mon activité. » Etant donné qu’un food truck utilise une quantité importante de déchets, cette volonté personnelle est ambitieuse et précurseur. Mimi galette n’a pas attendu d’être contrainte de changer son mode de service à cause d’une loi contre le plastique : elle a déjà modifié et réduit sa consommation de plastique et autres déchets non recyclables, et ce dès ses débuts.

Dernièrement, une proposition de loi a été faite pour tendre à la suppression des bouteilles en plastique, au profit de bouteilles en verre ou de bouteilles consignées. Pour les foodtrucks qui vendent des canettes ou des bouteilles en plastique, une réadaptation pourrait se poser. Ce n’est pas le cas de Myriam étant donné qu’elle vend très peu de boissons, et essaye de privilégier le verre. De plus, lors de son dernier événement, elle explique : « je n’ai pas acheté de canette, j’ai acheté mes boissons en bouteille (en verre ou en cartons), et je servais dans des verres en carton kraft. ». Cette alternative aux verres en plastique est récente, et permet de garder les boissons fraîches.

L’application d’un système de consigne pourrait rajouter environ vingt centimes sur le prix de la boisson. Bien entendu, si le consommateur rend la consigne, il pourrait récupérer cette somme. Pour certains clients, ajouter ce montant au prix pourrait être un frein à leur consommation. A propos de ce système, Mimi Galette déclare que la consigne est une très bonne solution pour sensibiliser les gens, et que cette démarche se fait dans de nombreux pays comme en Angleterre. Comme elle le montre sur sa page Facebook, notre auto-entrepreneuse a déjà mis en place une consigne sur ses couverts. Elle souhaite les récupérer, pour toucher les gens qui sont dans une utilisation de ces produits à usage unique . Elle ajoute que « la consigne est une solution pour d’avantages de démarches de la part de tous. »

 

L’Opinion public s’interroge sur les changements que chacun doit adopter pour protéger la planète en suivant les nouvelles lois promulguées à ce sujet :

 

Gaëtan Sen Gupta, co-fondateur du mouvement Ensemble pour le climat, s’exprime sur ce sujet, à l’origine de marches récurrentes en 2018.

Sens critique

La question de la disparition du plastique divise : entre industriels mécontents et acteurs de la transition écologique, les idées divergent.

Les arguments de ceux qui sont pour
  • "D'habitude, on s'attaque surtout au recyclage, on veut améliorer les taux de recyclage... Là,pour la première fois, on a vraiment des mesures qui visent à baisser notre consommation de plastique à usage unique."
  • “ Cette loi est une bonne chose car elle oblige les industriels à trouver des solutions, c'est une stimulation à l'innovation, même s'il faut renforcer la collecte et le recyclage "
Les arguments de ceux qui sont contre
  • “Les restrictions [pourraient être] le démarrage d'une interdiction plus générale” “une stigmatisation qui impacte les plastiques en général"
  • La croissance annuelle moyenne de 8,5% enregistrée depuis les années 1950 "indique que le plastique a répondu à de vraies demandes de la société”
  • “Un challenge irréalisable pour les entreprises "

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