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Marché de la drogue en Europe : drogues classiques et produits de synthèse

Ces dernière années, le marché européen des drogues n’a cessé de croître. Parmi elles, les drogues « classiques », mais aussi les produits de synthèse qui semblent revenir sur le devant de la scène…

Au commencement ?

Le terme de « drogue dure » caractérise une substance entraînant une dépendance physique et psychique forte. On range dans cette catégorie la cocaïne ou l’héroïne par exemple.

Parmi la classification des différentes drogues dures, on retient les opiacés (opium, morphine, héroïne, codéine) la cocaïne et le crack (dérivé de la cocaïne), les amphétamines et dérivés (ecstasy dont MDMA), les hallucinogènes (LSD, mescaline), les solvants et inhalants (éther, popper’s), mais aussi les médicaments détournés de leur usage (anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, anesthésiques dont le GHB et la kétamine). Toutes ont en commun d’être totalement illégales.

Selon l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), 5,6% des Français de 18 à 64 ans ont déjà consommé de la cocaïne et 4,3% de l’ecstasy.

L’Europe – plus particulièrement à l’Ouest – bénéficie d’un pouvoir d’achat relativement élevén si bien qu’elle est un terrain de jeu privilégié pour le marché des drogues.

Et maintenant ?

Certaines  substances nouvelles voient le jour. On les qualifie de « produits de synthèse » ou de « new psychoactive substances en anglais » (NPS) relève l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Ces produits ont pour intérêt d’imiter les effets des drogues classiques. Et c’est de là qu’elles tirent leur succès!

Ainsi, alors qu’une drogue classique (héroïne ou ecstasy) est illicite, les drogues de synthèse n’ont pas de « statut juridique clair ». Même si leurs noms sont pour la plupart issus du domaine scientifique, les chercheurs ne se sont pas encore penchés sur leur cas. En Europe, les vedettes des NPS sont les phénéthylamines, se rapprochant de la MDMA ou du LSD. Parmi elles, on retrouve la familles des cathinones, également populaire sous le nom de « sels de bains » ou « engrais ». Ces substances, qu’on trouve dans un arbuste africain (le khat) ont pour effets principaux l’envie d’aller vers les autres et de communiquer.

Le GHB, lui aussi a un cousin “légal”: le GLB (gamma-butyrolactone). Utilisé comme solvant à peinture notamment, il a été détourné de son usage premier par les bodybuilders, puis par les fêtards. Incolore et inodore, il se présente sous forme liquide, et désinhibe ses consommateurs.

Pour se procurer ces NPS, les consommateurs ont recours à internet. Allant du site d’experts, jusqu’aux petites annonces en passant par le dark web (des espaces non référencés par les moteurs de recherche), l’offre est hélas pléthorique!

Enjeux

Les risques sont avant tout d’ordre sanitaire. De nombreuses maladies infectieuses se transmettent par la drogue, à cause de l’administration de ces substances par injection. D’autre part, ces substances en elles-mêmes peuvent causer des troubles comportementaux, des maladies et la mort en cas de surdose.

Au-delà de l’accoutumance, les drogues ont notamment des effets extrêmement néfastes sur le cerveau, e détruisent des neurones irréversiblement. D’autre part, la consommation de drogues est responsable d’un grand nombre de morts sur la route. Cet enjeu de santé demande donc un réel travail d’information et de sensibilisation auprès de la population.

Les risques sont aussi « sociaux ». Les personnes qui consomment ces substances vivent souvent dans des conditions précaires, et l’usage de ces drogues les marginalise davantage encore. La consommation de substances psychoactives et l’exclusion sociale sont donc associées et se renforcent mutuellement. Au vu de ces dangers, principalement la transmission du VIH ou du virus de l’hépatite C, le gouvernement a lancé des campagnes de sensibilisation. Cela a permis une baisse des infections chez les consommateurs de drogues. Plus généralement, pour pallier le problème de santé publique lié aux drogues, il est nécessaire d’informer les usagers quant à la façon la moins dangereuse de les consommer. L’encadrement par la loi reste aussi un moyen d’empêcher ces pratiques de perdurer. Les drogues sont soumises à un régime d’interdiction fixé pour l’essentiel par la loi du 31 décembre 1970, dont les dispositions ont été intégrées dans le Code pénal et le Code de la santé publique. Cette loi réprime tant l’usage que le trafic de toute substance ou plante classée comme stupéfiant (sans différenciation selon le produit).

Reportage

« Supermarché de la drogue », Lille illustre les mutations du marché des drogues

« Tu envoies un message sur Snap et puis tu lui demandes ce que tu veux ! ». La commande ici, c’est de l’ecstasy, la MDMA sous forme de comprimé. Cette drogue a fait son apparition dans les années 1990. En 2014, elle a de nouveau été très populaire en métropole et notamment à Lille. C’est ce qu’explique le sociologue Sébastien Lose rattaché à l’association Cedr’Agir, qui oeuvre dans le domaine des addictions, et co-auteur du rapport TREND « Drogues sur le site de Lille en 2017 ».

 

Les drogues « traditionnelles » tiennent le haut du pavé

Au début des années 2000, les spécialistes pensaient que les NPS révolutionneraient le champ des drogues en France. Or il s’avère que ce sont des produits « traditionnels » qui marquent le paysage, tels les stimulants comme l’ecstasy et la cocaïne.

Pour la forme galénique de la MDMA, Sébastien Lose parle d’un « retour en force » lié au succès grandissant des musiques électroniques, dont certaines sont associées à l’usage de ces drogues.

La hausse de la production et de la disponibilité a créé une stabilisation des prix, expliquant en partie ce regain d’intérêt pour le comprimé. Le sociologue souligne également l’impact du marketing mis en place autour de l’ecstasy. Les formes et les couleurs des comprimés se multiplient et associées à des références à la culture populaire. Cet aspect ludique attise la curiosité, et conduit certaines personnes à essayer des comprimés différents lorsque les stocks habituels ne sont pas disponibles.

 

 Le site de prévention suisse, Nuit Blanche, répertorie toutes les drogues analysées et leurs caractéristiques.

Des sociologies pour des drogues 

Sébastien Lose note l’extension des contextes de consommation de la cocaïne, de l’ecstasy et de la khétamine qui outrepassent les cadres festifs traditionnels et s’invitent aux afterworks et dans les bars. Cette dérivation de lusage de drogues est symptomatique de la diversification des profils des consommateurs. Si les profils des acheteurs sont divers et variés ils partagent une caractéristique commune, celle du goût pour les états de conscience modifiée, et la volonté de s’amuser, souvent pour oublier.

 

 

 

Sens critique

La question des drogues fait débat. Une grande partie de la classe politique critique leur dangerosité. A l’inverse, d’autres personnes pensent que légaliser certaines drogues permettrait de mieux encadrer les consommateurs. Faut-il dépénaliser les drogues?

Les arguments de ceux qui sont pour
  • La logique de l’interdiction nourrit le goût de la transgression. La prohibition alimente la clandestinité, la méconnaissance des dangers et donc la multiplication des risques
Les arguments de ceux qui sont contre
  • La dépénalisation pose un véritable problème de santé publique, notamment pour les jeunes.

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