Get It

Liberté, autonomie, démocratie : ces écoles qui réinventent l’éducation

À partir du XVIIème siècle, les modes de pensées de l’éducation se transforment. Certaines écoles croient l’enfant capable d’être acteur de son enseignement. Au fondement de cette pédagogie, la conviction qu’il est juste d’apprendre moins mais mieux  séduit!

Au commencement ?

Plusieurs réformes se sont succédées pour tenter de remanier le système scolaire. En quoi notre système fait-il défaut ?
Certaines études scientifiques dénoncent le manque de considération du rythme biologique de l’enfant. Et soulignent l’importance d’aménagements pour adapter l’emploi du temps, partant du principe que les performances cognitives d’un écolier ne correspondent pas au rythme exigé.

Le stress croissant des étudiants s’explique par la compétition, notamment à cause des notes. L’intérêt de s’instruire et de découvrir le monde peut disparaître face à celui d’avoir de bons résultats. Le désintérêt face à l’apprentissage est également renforcé par une manière d’enseigner qui ne stimule pas assez la curiosité des écoliers et délaisse le plaisir et l’aspect ludique .

 

Et maintenant ?

Les alternatives au système éducatif dominant gagnent en popularité auprès des parents. Ces écoles dites « dynamiques », ou « démocratiques », possèdent chacune une approche différente avec un but en commun : donner envie d’apprendre. Elles s’inspirent de la pédagogie Montessori (axée sur l’autonomie de l’enfant), la philosophie Waldorf (sans test et classement) ou les maternelles en plein air scandinaves. 

L’idée générale de ces initiatives repose sur l’épanouissement de l’enfant et le respect de son propre rythme dans son apprentissage. Les élèves sont libres et deviennent acteurs de leur développement. Même si une équipe d’encadrants est présente, les journées à l’école s’organisent au souhait des enfants. Ces encadrants peuvent aider les enfants dans des projets personnels, ou, après avoir identifié les besoins de l’enfant, les orienter vers des activités adaptées. Ce qui fait grandir  les élèves, c’est aussi leur promiscuité avec des plus grands. Les petits acquièrent un langage plus élaboré, et les plus grands apprennent à leur transmettre des connaissances. Ces écoles alternatives sont privées, donc souvent payantes.

Enjeux

Ces nouvelles écoles  s’adaptent à l’enfant pour entreprendre une démarche plus proche de ses besoins et envies. Mais un obstacle majeur vient entraver le développement de ces initiatives : l’État ne subventionne pas les lieux d’apprentissage autres que l’école publique. D’où un coût pour les parents désireux d’inscrire leurs enfants dans ce type d’école variant de 4 000 à 5 000 euros par an. 

La conceptualisation d’une école nouvelle sans frais supplémentaires, dans un environnement où tout le monde évoluerait à son rythme nécessiterait un énorme bouleversement.

Reportage

Certains parents se sont tournés vers l’Instruction En Famille (IEF). Les enfants ne vont pas à l’école et sont instruits par leurs parents ou par la vie tout simplement.

C’est le cas d’un petit groupe de parents qui se réunit une fois toutes les deux semaines dans la nature. Autour d’eux, il n’y a que des enfants « non-sco » (non-scolarisés) qui ont quitté ou ne sont jamais allés à l’école. Ces regroupements permettent les rencontres tout en insistant sur l’aspect ludique de la balade. Il y a toujours quelque chose à apprendre dans les bois.

D’abord, il faut se mettre en cercle et discuter du thème du jour : le land art (art contemporain qui utilisela nature environnante pour créer des oeuvres d’art). La représentante de l’association Comprendre et Protéger la Nature (CPN) veut sensibiliser à la découverte de la faune. Le but de la promenade est de ramasser des « trésors » pour pouvoir créer une œuvre dans la forêt. Tout le monde a compris ? C’est parti pour deux heures de recherche autant pour les enfants que pour les parents.

Une maman raconte comment elle s’est mise à l’Instruction En Famille. Elle explique que sa fille a fait un rejet scolaire dès la primaire et qu’il fallait absolument trouver une autre solution. Sa fille apprend désormais à travers ses expériences, les sorties qu’elles font ensemble : « il est devenu impossible de lui mettre un cahier sous les yeux. » La maman et sa fillette font des activités tous les jours et c’est à chaque fois une opportunité pour apprendre de nouvelles choses. Une fois par an, un inspecteur de l’Académie française évalue ses compétences. Pour la maman, ces visites sont essentielles mais ils ne sont pas formés aux enseignements alternatifs. Il reste donc difficile d’évaluer un enfant issu de l’IEF.

Pendant les deux heures de balade, les enfants courent partout. Les adultes discutent et échangent les bons plans, les nouveaux ateliers du coin à découvrir. Parmi les parents présents, ce ne sont presque que des mères qui ne travaillent pas ou à temps partiel. Ils se consacrent à l’éducation des enfants. C’est pour eux un choix de vie: « Certains parents ne sont pas prêts à passer la journée avec leur enfant. »

L’Instruction En Famille attire des parents qui tententde s’adapter aux besoins de leur enfant. Ils prônent l’autonomie et la curiosité ce qui n’est, selon eux, pas le cas dans le système scolaire classique.

Une maman raconte comment elle s’est mise à l’Instruction En Famille. Elle explique que sa fille a fait un rejet scolaire dès la primaire et qu’il fallait absolument trouver une autre solution. Sa fille apprend désormais à travers ses expériences, les sorties qu’elle font ensemble : « il est devenu impossible de lui mettre un cahier sous les yeux ». La maman et sa fillette font des

Oeuvre réalisée par les enfants

activités tous les jours et c’est à chaque fois une opportunité pour apprendre de nouvelles choses. Une fois par an, un inspecteur de l’Académie française évalue ses compétences. Pour la maman, ces visites sont essentielles mais ils ne sont pas formés aux enseignements alternatifs. Il reste donc difficile d’évaluer un enfant issu de l’IEF.

Pendant les deux heures de balade, les enfants courent partout. Les adultes discutent et échangent les bons plans, les nouveaux ateliers du coin à découvrir. Parmi les parents présents, ce ne sont presque que des mères qui ne
travaillent pas ou à temps partiel. Ils se

consacrent à l’éducation des enfants. C’est pour eux de faire un choix de vie : « certains parents ne sont pas prêts à passer la journée avec leur enfant ».

L’Instruction En Famille attire des parents qui tentent de s’adapter aux besoins de leur enfant. Ils prônent l’autonomie et la curiosité ce qui n’est, selon eux, pas le cas dans le système scolaire classique.

NINA CARDON

Sens critique

Les arguments de ceux qui sont pour
  • « Comme l’a fait la Finlande, plutôt que de tenter de réparer les dysfonctionnements du système actuel – ce que l’on a fait sans grand succès depuis 35 ans (les premières mesures d’éducation prioritaire ont été prises en 1981) – il convient plutôt de créer un nouveau système. » - Bernard Hugonnier
  • Grâce à l’Ecole Dynamique., l'enfant apprend à vivre en société, à utiliser son pouvoir de citoyen (sans attendre ses 18 ans !), à décider pour lui-même, à maîtriser son temps, à savoir ce qu’il veut et ce qui est juste pour lui, à être autonome ! .» - Marie Gervais
Les arguments de ceux qui sont contre
  • « C'est important aussi pour les élèves, notamment quand ils sont jeunes à l'école primaire, qu'ils soient accompagnés par des adultes qui fixent un certain nombre de règles qui s'imposent à eux. Il ne faut pas qu'ils puissent tout remettre en question. » - Najat Vallaud-Belkacem
  • « Il n'y a pas d'apprentissage sans efforts. Il faut redonner du sens à l'effort » - Daniel Marcelli

Ajouter un commentaire