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Le véganisme : un mode de vie de plus en plus 
ancré

Le véganisme : un mode de vie de plus en plus 
ancré

source : Simon Matzinger 

Le phénomène végan va plus loin encore qu’un simple régime alimentaire. Il ne cesse de se développer  mais l’idéologie laisse parfois place à des actes illégaux de violence. 

Au commencement ?

Le terme apparaît en 1944, sous l’impulsion de Donald Watson. Il fonde le 1er novembre 1944 l’association caritative Vegan Society en Angleterre. Il s’agit de l’abréviation des premières et dernières lettres de vegetarian. En 2010, cette organisation arrive en France. Le mode de vie vegan se base sur le refus de toute forme d’exploitation animale afin de se nourrir ou de se vêtir. Evidemment, pas question d’avoir recours à des cosmétiques testés sur les animaux. Pour les militants, l’animal est l’égal de l’homme. Il n’est donc pas envisageable de l’utiliser comme bien de consommation. Ce mouvement veut faire disparaître la discrimination envers les animaux partant du principe que si les animaux éprouvent des émotions et des sensations, il n’est pas légitime qu’ils servent à nourrir les hommes. 

Et maintenant ?

En réalité, en raison de son régime contraignant sur le plan alimentaire, le véganisme reste marginal. Selon l’Observatoire société et consommation (Obsoco) en 2017, les véganes purs représentent seulement 0,02% de la population française. Cependant, le phénomène vegan s’élargit. En écho à l’article L214 du code rural désignant les animaux comme des êtres sensibles pour la première fois, l’association éponyme est aujourd’hui l’icône du mouvement pour la protection animale et de l’image végan. Celle-ci se consacre majoritairement à révéler les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Il s’ouvrirait chaque semaine entre 10 et 15 nouveaux restaurants 100% vegan en France. Depuis 2 ans, les revendications pour la cause animale se radicalisent en intégrant la violence dans leur mouvement. Les associations comme Boucherie Abolition et 269 Life Libération Animale prônent l’action directe en appelant à la résistance et à la désobéissance civile. Ces actions antispécistes apparaissent contreproductives en discréditant l’ensemble du mouvement qui cherche avant tout à améliorer les conditions d’élevage. 

Enjeux

Le véganisme promeut une consommation responsable. Pour répondre aux débats sur l’écologie et la condition animale, ce mouvement encourage les consommateurs à adopter une attitude d’achat responsable en proposant de proscrire les produits d’origine animale et ceux issus de l’élevage intensif. Ces volontés sont appuyées par l’émergence de défenseurs de la cause dans le discours politique. Les partis politiques vegans se développent. Le 8 février 2018, Aymeric Caron signe une tribune collective dans Le Monde afin d’annoncer la création du Rassemblement des écologistes pour le vivant. La défense des animaux devient une priorité et s’installe dans le débat politique.  À titre expérimental, l’introduction d’un menu végétarien une fois par semaine au sein de la restauration collective scolaire publique et privée est un premier pas vers la protection de la condition animale. 

Reportage

VUE DE LILLE
Du simple tract aux violences : une lutte divergente pour le véganisme.


Face aux attaques contre des boucheries, poissonneries et restaurants par des militants véganes et antispécistes à Lille, de nombreuses polémiques visent aujourd’hui ces partisans de la cause animale et leur façon de transmettre leur message. 

Vitrines brisées, aspersion de faux sang, tags « Stop spécisme » … Voici quelques-uns des actes de vandalisme commis par des militants véganes contre des boucheries, poissonneries et restaurants ces derniers mois. Ce phénomène semble très présent à Lille puisque 9 établissements y ont été attaqués, notamment la boucherie L’Esquermoise ou le fast-food Canard Street. Les plus angoissés y voient sûrement les prémices d’une guerre civile lilloise opposant « carnistes » et « mangeurs de salade » où manger son steak-frites en terrasse exposerait les « bons vivants » aux foudres des véganes. Néanmoins, Virginie Chauchoy – correspondante du Parti animaliste dans le département du Nord – tempère : il ne s’agit « pas [d’]un phénomène spécifiquement lillois » et cela ne représente pas la majorité du mouvement végane, antispéciste ou animaliste. La sensibilisation au bien-être animal passe généralement par des actions non-violentes telles que le tractage ou la diffusion de vidéos d’abattoirs par l’association L214. Dans cette optique, les actes illégaux de violence à l’égard d’autrui ou des biens sont condamnés par la majorité des associations. Virginie Chauchoy ajoute cependant : « on peut condamner et reconnaître qu’il y a un effet positif quelque part » ; si ces actes sont contestables, ils s’avèrent efficaces – par la médiatisation qui en est faite – pour faire parler de la souffrance animale.

Naturellement, tout le monde n’est pas prêt à reconnaître de légitimité à ces détériorations, à commencer par les gérants lillois touchés qui souhaitent une protection policière de leurs établissements. Si leur crainte est compréhensible, il reste des interrogations sur la forme des protections : « Si c’est […] à un certain moment parce qu’il y a des risques ponctuels, c’est leur droit. Si c’est en permanence demander la protection de policiers municipaux, c’est peut-être un peu exagéré ». Les réponses ne sont donc pas définies mais des mesures devraient être prises en décembre avec le jugement devant le tribunal correctionnel de Lille d’une femme impliquée dans les actes de vandalisme. Concernant ce jugement, Virginie Chauchoy explique que, s’il faut bien que justice se fasse, « il ne s’agit pas d’en faire un exemple et de mettre des sanctions démesurées par rapport aux actes mais il ne s’agit pas non plus de banaliser des actes qui sont répréhensibles ». Une chose est toutefois certaine, c’est que le débat végane est maintenant bien installé à Lille.

 

Sens critique

Aujourd’hui, la condition animale est au centre de la scène politique. Le véganisme comme pratique alimentaire et mouvement antispéciste se voit remis en cause. 

Les arguments de ceux qui sont pour
  • -  L’homme est la seule espèce qui a le pouvoir de vie et de mort sur l’ensemble du vivant. Il a donc un devoir de responsabilité à l’égard de tous les autres êtres vivants et ainsi de les protéger.
  • -  Le véganisme est vu comme une réponse au souci diététique et de santé : la consommation de 
viande est corrélée au cancer.
  • -  Le véganisme va protéger l’environnement : l’élevage d’animaux nécessite une quantité d’eau 
considérable alors que celle-ci est aujourd’hui une ressource limitée.
  • -  Il est nécessaire de respecter l’animal, qui comme l’homme, est un être vivant sensible. Il faut 
prendre les intérêts des animaux en considération.
Les arguments de ceux qui sont contre
  • -  Les relations de domestication sont le fruit de la volonté humaine comme de la volonté animale.
  • -  L’agriculture sans élevage va épuiser les sols.
  • -  Manger vegan induit l’homme à consommer des produits transformés et ainsi d’être dépendant 
d’une alimentation industrielle.
  • -  ll est nécessaire d’être vigilant sur les apports nutritionnels : sans viande, l’apport en fer doit être compensé

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