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Le dopage dans le sport amateur : un phénomène plus vaste qu’on ne le pense

Le dopage dans le milieu professionnel n’est plus un fait qui surprend. Pourtant, le même schéma se reproduit du côté du sport amateur où les pratiques de dopage sont plus fréquentes que jamais. 

Au commencement ?

Le dopage amateur se développe mais les tests restent rares. 
Crédit: Le Matin

Le dopage est le fait d’administrer, en vue d’une compétition sportive, des substances ou des procédés de nature à accroître artificiellement les capacités physiques d’une personne. Plus récent que le dopage professionnel qui a débuté sous l’Antiquité, le dopage amateur se développe considérablement depuis ces dernières années. Seringues ou gélules sont les manières les plus répandues d’avoir recours à ce fléau. Toutefois, des technologies de plus en plus performantes s’imposent. Dans le cyclisme, de nombreux moteurs ou batteries ont été retrouvés sur le cadre des vélos. Un organisme a été mis en place en 1999 pour contrôler le dopage dans le monde, il s’agit de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA).

Dans un rapport étudié par l’Académie Nationale de médecine en 2012, on  apprend que 5 à 15% des sportifs amateurs français auraient fait usage de produits illicites. Le dopage se développe aussi à l’étranger, particulièrement aux Etats-Unis. Une étude publiée dans le  New York Times  montre que 6% des sportifs amateurs scolarisés au collège et lycée « admettent avoir essayé des substances anabolisantes ».

Les sportifs amateurs méconnaissent la nocivité de ces produits. Souvent mal conseillés et très peu contrôlés lors de leurs compétitions, ils consomment des substances très nocives pour leur santé.

Et maintenant ?

Cyril Fontayne, simple coureur amateur de Dordogne, cachait une batterie dans le cadre de son vélo.
Crédit: Le Parisien

Le dopage amateur est omniprésent dans notre société bien qu’il soit rarement mis en avant par les médias. Le dépistage reste rare lors des compétitions amateurs, à cause des prix élevés des tests.

Pour trouver l’exemple le plus frappant, il faut se rendre en Belgique francophone, où depuis mars 2018, des contrôles antidopages aléatoires sont mis en place dans les salles de sport. En cas de contrôle positif, des sportifs risquent entre 350 et 10 000 euros d’amende. Le quotidien L’Equipe dévoile les premiers résultats de ces contrôles : « Dans la région flamande, où 20 salles de sport ont été testées, plus de 30% des membres se sont révélés positifs. »

L’année dernière, lors d’une course cycliste de troisième division de cyclisme amateur de Dordogne et suite à une crevaison, Cyril Fontayne se fait contrôler son vélo : un moteur et une batterie sont retrouvés sur le cadre. Il s’agit du premier cas avéré en France de dopage technologique.

 

Enjeux

Les stéroïdes anabolisants: entre prouesses physiques et risques pour la santé.
Crédit: Musculation-Nutrition.fr

« Le dopage ce sont des méthodes ou des substances qui augmentent la performance, qui abîment la santé ou qui sont contraires aux valeurs du sport ». Voilà comment Eduardo Henrique de Rose, membre du comité exécutif de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), définit le dopage dans un reportage sur Arte en 2014.

La banalisation du dopage déplorée ces dernières années est due aux nombreux aspects attrayants des petites molécules dopantes. Ces dernières sont commercialisées de façon complètement légale et promettent aux utilisateurs des corps de rêve et des résultats rapides avec peu d’efforts. Les plus connus comme les stéroïdes anabolisants augmentent la masse musculaire et l’endurance et permettent des performances sportives presque inespérées.

Un rapport de l’Académie nationale de Médecine met en avant les dangers néfastes du dopage : risques d’arrêts cardiaques multipliés, transformations fréquentes des organes génitaux, stérilité, hallucinations ou encore troubles bipolaires.

Reportage

Combien de coureurs amateurs sont dopés involontairement lors des marathons ?
Crédits: CC0

Manque de moyens pour la prévention antidopage

Les centres de prévention et de lutte contre le dopage sont à court de moyens et de subventions, pourtant tant nécessaires pour qu’ils puissent mener à bien leur action.

Le dopage est pour beaucoup un acte volontaire, délibéré : un sportif prend la décision de se doper pour voir ses performances augmenter. Pourtant, cet acte est, dans le milieu amateur, très souvent involontaire, par manque d’informations quant aux substances interdites lors de compétitions régionales et nationales.

C’est pourquoi existent l’Institut de Recherche du Bien-Être de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS) et les Antennes Médicales de Prévention du Dopage (AMPD), travaillant conjointement pour que les sportifs soient informés à propos des pratiques dopantes. Hélas, elles se heurtent à un problème majeur : le manque de moyens. Pour le Docteur Patrick Bacquaert, Médecin chef et Vice-Président de l’IRBMS, « la prévention et la lutte contre le dopage nécessitent des moyens importants, et manifestement, l’État n’aide pas les structures à la hauteur des enjeux ». Ce manque de moyens se traduit par l’absence de subventions pour leur site internet, qui cherche pourtant à prévenir les risques du dopage : « ledopage.fr n’est ainsi plus aidé ni par l’État ni par l’AMPD locale, en raison de restrictions budgétaires. » Incroyable, quand on sait que même certains médicaments contre la toux et le rhume peuvent donner lieu à un test positif, et mettre fin à la compétition pour un sportif.

Léon Krischer

 

Sens critique

Les arguments de ceux qui sont pour
  • Le dopage considéré comme un droit en tant que sportif
  • Pour un dopage réglementé
  • Peter Winnen

    « Je n'ai pas hésité à prendre des stéroïdes anabolisants, une hormone de récupération, avec le risque d'être pris (...). Je trouve qu'en tant que cycliste professionnel je devais avoir le droit d'utiliser cela. Il ne s'agit pas de dopage, mais de médicaments. » Peter Winnen, ancien cycliste et titré meilleur jeune lors du Tour de France 1981, lors d’une interview pour Libération.

  • Daniel Blanc

    « Je suis pour un dopage réglementé. Ces gens [les cyclistes du tour de France] sont là pour faire un travail, un certain nombre de performances et il faudrait peut-être réfléchir au problème ‘qu’ont-ils besoin pour faire ce spectacle ?’ Et puis de leur donner sous contrôle médical et sans danger pour eux et en les protégeant de manière à ce qu’ils puissent faire ce spectacle mais il faut qu’on admette que c’est un spectacle et plus du sport. » Le médecin Daniel Blanc défendant la politique d’un dopage réglementé dans le sport.

    https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/en-direct-de-geneve-avec-daniel-blanc-medecin-du-sport-sur-le-dopage-sportif?id=1572872&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

Les arguments de ceux qui sont contre
  • Le dopage, c'est de la triche
  • Le dopage, un phénomène qu'il faut dénoncer

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