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Assassinat du journaliste saoudien Khashoggi : une affaire aux résonances internationales

Jamal Khashoggi, journaliste saoudien, a été assassiné le 2 octobre dernier au sein même de l’ambassade saoudienne en Turquie. Initialement proche du prince saoudien Ben Salmane, puis très critique envers son régime, Khashoggi a été sanctionné par la mort. Retour sur une sombre affaire…

Au commencement ?

Jamal Khashoggi était un journaliste saoudien renommé. Il  travaillait au Washington Post et était directeur d’Al-Arab News. Il était initialement proche du pouvoir Saoudien et de son prince héritier Mohammed Ben Salmane avant de progressivement s’en éloigner en dénonçant ses dérives, jusqu’à s’exiler à Washington puis en Turquie en septembre 2017. De l’étranger, il reprend ses critiques envers le pouvoir saoudien, en s’opposant par exemple fermement à toute intervention militaire au Yémen et en déclarant que le prince Ben Salmane « créait un climat d’insécurité et de peur » dans le pays. Intellectuel reconnu fréquentant les hautes sphères de Washington, il est en parallèle menacé et traqué par le gouvernement saoudien. Ses enfants sont séquestrés, et sa femme obligée de divorcer. Homme le plus influent de l’opposition saoudienne, il représente une véritable menace aux yeux de Mohammed Ben Salmane.

Et maintenant ?

Le 2 octobre dernier, il se rend au consulat saoudien en Turquie afin d’obtenir des dossiers nécessaires pour son mariage, il n’en ressortira jamais. Très vite,l’opinion soupçonne qu’il ait été assassiné de façon préméditée par les Saoudiens, lesquels affirment pourtant que le journaliste a quitté l’ambassade rapidement. Une enquête est ouverte par l’Etat turc afin de le retrouver. La police scientifique fouille l’ambassade et obtient un enregistrement audio de la torture et de l’assassinat de l’intellectuel saoudien. Après des jours d’enquête et de dénégation de la part de l’ambassade saoudienne, celle-ci finit par reconnaître la mort de Khashoggi le 2 octobre dernier, tout en niant toute responsabilité de l’Empire. Aujourd’hui, la femme de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, fait tout son possible pour obtenir la vérité complète sur la mort de son mari et pour récupérer son corps.

Enjeux

Beaucoup d’encre a coulé sur cette affaire. Le Washington Post a notamment révélé que « le corps de Khashoggi a probablement été découpé et mis dans des caisses avant d’être transféré en dehors du pays ». La chaîne américaine CNN a dévoilé les dernières images de Jamal Khashoggi vivant, entrant dans le consulat.

Les enjeux politiques sont nombreux. Donald Trump s’est déclaré satisfait de l’avancée de l’affaire. Bien que ce dernier juge les faits comme « inacceptables », il est primordial pour lui de préserver de bonnes relations avec le pays du Golfe, pour ne pas compromettre les contrats de milliards de dollars d’armement, notamment entre les deux pays. En effet, les relations entre le Président américain et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane étaient jusque-là très bonnes, les Américains étant le plus grand allié des Saoudiens.

La France, quant à elle, ne s’interdit rien sur d’éventuelles sanctions contre le pays, Emmanuel Macron a déclaré que les faits étaient « très graves » et qu’il attendait que « la vérité et la clarté sur cette affaire soient établis ».

Du 23 au 25 octobre dernier se déroulait à Ryad, le Future Investment Initiative, une conférence qui réunit les patrons des plus grandes firmes internationales. Cette année, suite à l’affaire Khashoggi, de nombreux soutiens habituels ont quitté le navire : des partenaires médiatiques (tels que le New York Times, Viacom, The Economist) , des personnalités à la tête de géants internationales comme Joe Kaeser (patron de Siemens) ou bien Dara Khosrowshahi (Uber).

 

Reportage

Reporters de guerre : une nécessité d’information en dépit des dangers

La Seconde Guerre mondiale a vu apparaitre de nombreux reporters de guerre. Aujourd’hui ces reporters sont prêts à prendre tous les risques pour assurer la qualité de l’information.

Le reporter de guerre peut être confronté à de multiples situations telles que la rencontre de victimes civiles, la découverte de cadavres et l’infiltration dans les différents camps des protagonistes d‘un conflit.
Cette branche du journalisme suscite beaucoup d’intérêt particulièrement auprès des nouvelles générations. La soif d’aventure, de découverte et la volonté d’informer poussent les journalistes à se lancer dans une carrière de reporter de guerre; et ce, malgré les prises de risques récurrentes engendrées par la nécessité d’information à l’épicentre des conflits.
Selon Reporter Sans Frontières « En 2016, 74 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. ». Depuis 2007, c’est 724 journalistes qui ont été assassinés, dont 119 en Irak. Ces chiffres témoignent de la dangerosité du métier de reporter.

Le journaliste de guerre ne va pas seulement rendre compte du conflit, il va essayer également d’analyser les enjeux sociaux-politiques souvent dissimulés. L’enjeu du correspondant n’est pas de faire du sensationnel ou de montrer que le sang d’innocents ou de coupables a coulé, mais de révéler au monde entier comment certaines guerres affectent économiquement et socialement des pays et des populations.

Le correspondant de guerre a un rôle important, si ce n’est primordial. Il permet de transmettre l’information à tous, certaines personnes se sont ouvertes à lui, lui ont confié leurs histoires, leurs souffrances, il ne peut les trahir et occulter cette facette de la guerre.

Il n’est pas rare que les journalistes souffrent de troubles psychologiques causés par les scènes auxquelles ils assistent. François-Xavier Freland nous raconte « L’expérience qui m’a le plus marqué c’était le tremblement de terre en Haïti, il y’avait un océan de cadavres. Ils sont tellement partout qu’on finit par ne plus les voir, ils font partie du paysage ».
Francois-Xavier Freland est un reporter qui a couvert multiples conflits majeurs du XX ème siècle. Il a notamment écrit un ouvrage sur la guerre qui a frappé le Mali en 2012, intitulé « Mali: Au-delà du jihad ». Amoureux du pays, le livre ne retrace pas seulement les combats qui ont eu lieux sur le territoire, il met aussi en avant la culture Malienne qui l’a charmée.

Sens critique

Faut il sanctionner le régime saoudien. La question divise!

Les arguments de ceux qui sont pour
  • Toute la lumière doit être faite sur l'implication de l'Arabie Saoudite
  • Emmanuel Macron, Président de la République française

    Souhaite des sanctions européennes contre l’Arabie Saoudite si la responsabilité de l’Empire dans l’affaire est avérée. Il insiste sur la nécessité pour ces sanctions d’être communes à l’Europe. "Ces sanctions ont vocation à se prendre au niveau européen, comme nous le faisons à chaque fois pour qu’il y ait une véritable coordination".

  • Christophe Deloire, secrétaire général de Reporter sans frontières

    « Tout "compromis" avec l'Arabie saoudite au sujet du meurtre de Jamal Khashoggi reviendrait à donner "une autorisation à tuer" à un royaume qui "kidnappe" et "tue" des journalistes »

Les arguments de ceux qui sont contre
  • En défaveur de sanctions contre l'Arabie Saoudite liées à l'armement
  • Donald Trump, Président des Etats-Unis

    Bien qu’il soit en faveur de sanctions contre l’Arabie Saoudite, il refuse toutes sanctions liées à l’armement. "Je pense en fait que nous nous punirions nous-mêmes si nous faisions cela. Il y a d’autres choses qu’on peut faire qui sont très, très puissantes, très fortes".

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